7ème journée : RCNM - Pays d'Aix

 

RCNM – PAYS D’AIX

“L’AMOUR DU MAILLOT“ ORANGE ET NOIR

 

 

AVANT-PROPOS

« La fidélité c’est quand l’amour est plus fort que l’instinct » Paul Carvel.

 

 

                « Nous avions un attachement particulier pour ce maillot pour la simple et bonne raison que ce maillot était l’emblème de la ville, du club ». Nostalgique, Jean-Pierre Bastiat, légende du rugby français au sein des années 1970 (32 sélections pour le XV de France), narre l’esprit du « rugby de papa ». Un sport, empli de noblesse, ou les joueurs s’unissaient, leur carrière durant, « pour le meilleur et pour le pire » avec le club de leur cœur. Une alliance d’amour. Le plus sublime des amours : « l’amour du maillot ».

 

« L’amour du maillot c’est votre domicile, votre maison, vos racines, vos attachements au terroir » poursuit le troisième ligne landais. La haine du voisin, la suprématie régionale, la fierté des supporters, attisent ce sentiment protectionniste.  Les héros de la ville sacrifient alors corps et âmes pour porter haut leurs couleurs. L’infamie de la défaite les pousse à se sublimer. Le stade s’apparente alors à une citadelle imprenable. Chassé, l’ennemi bat en retraite. La cité demeure inviolée.

 

                  Ce souvenir suave contraste avec les affres du « rugby-business » qui sévit aujourd’hui.  Au sortir de la Coupe du Monde 1995, l’IRB (International Rugby Board), par soucis d’équité, tolère le professionnalisme. Davantage qu’une passion, le rugby se métamorphose en profession. L’argent corrompt ses valeurs. Mercenaires des temps modernes, les joueurs se vendent « au plus offrant ». « L’amour du maillot » s’étiole …

 

Mélancoliques, quelques preux-chevaliers subsistent. Issus du cru narbonnais, Brice Chevchenko, Joachim Algisi et Benjamin Beaux marchent sur les pas de leurs glorieux aînés. Nonobstant les sirènes de clubs davantage huppés, ils célébraient samedi soir, respectivement, leurs 100ème, 103ème et 104ème cape sous la tunique narbonnaise. De vrais exemples.

 

 

LE MATCH

Le contexte

                Au sortir de quatre défaites consécutives, le RCNM aborde ce rendez-vous crucial la peur au ventre. Un cinquième revers plongerait les partenaires de Benjamin Beaux dans les limbes du doute et les exposerait à la vindicte populaire …

 

Aux antipodes, auréolé de sa troisième place au classement, le Pays d’Aix se présente en terre audoise ambitieux comme jamais. Surprise de ce début de championnat, les protégés de Serge Lairle entendent conjurer le sort des deux débâcles encaissées lors de leurs deux derniers déplacements au Parc des Sports et de l’Amitié.

 

Le tournant du match 

                56ème minute de jeu. Le « Racing » mène alors 16-6 grâce à la précision d’Adrien Latorre (trois pénalités et une transformation) et au magnifique essai inscrit par Marno Meyer à la demi-heure de jeu (Vunisa franchit le rideau aixois, le jeu rebondit jusqu’à l’aile opposée ou l’ailier narbonnais joue de sa puissance pour aplatir en coin). Réalisation qui met fin à 292 minutes de stérilité offensive !

 

Le jeu se cantonne depuis quelques minutes dans les 22m narbonnais. Les mêlées à 5m de l’en-but audois s’accumulent. Le directeur de jeu sanctionne une première fois la mêlée du RCNM. Puis une seconde fois. Puis une troisième … L’essai de pénalité semble inéluctable …

 

L’énergie du désespoir, combinée à la rentrée de Richard List (pilier gauche), conduisent à un petit miracle. La mêlée « orange et noire » renverse son homologue aixoise. La rencontre bascule alors définitivement.

 

Le mauvais choix

                65ème minute de jeu. Le « Racing » obtient une pénalité, 40 mètres face aux poteaux. Une aubaine pour l’artilleur de service : Adrien Latorre. Or, emporté par sa fougue, Brice Chevchenko la joue rapidement. Il sert Sionasa Vunisa qui commet un en-avant à quelques encablures de la ligne d’en-but provençale.

 

Le spectre dacquois ressurgit alors dans les têtes audoises (et cette fameuse pénalité non tentée alors que Narbonne disposait d’un avantage de 10 points). L’effroi renaît …

 

Dominateurs dans les dernières instants de la rencontre, les joueurs de Matt Williams se préservèrent d’un nouveau scénario catastrophe. Score final : RCNM 16-9 PAYS D’AIX.

 

 

EPILOGUE

            Le TOP 14 symbolise un rêve, l’apogée d’une carrière pour bon nombre de joueurs. Les Benjamin Beaux, Joachim Algisi, Brice Chevchenko … si braves soient-ils, n’éludent pas ce fantasme. Dans l’hypothèse ou le RCNM ne recouvrerait pas son lustre d’antan, ces icones locales s’envoleront, certainement, sous des cieux plus étoilés. Pour l’heure, ils symbolisent l’esprit de Decocy qui déclarait que « La fidélité est l’art de ne pratiquer l’adultère que par la pensée ».

 

J.M

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