2eme Journée : RCNM - Aurillac
RCNM – Stade Aurillacois
« Neuf(s) de cœur »
« Notre mémoire doit être pétrie d’éternité ». Francis Bossus.
Gérard Sutra et Henri Sanz, jadis ; Sébastien Buada et Brice Chevchenko de nos jours demeurent les exemples vivants du lien si spécial qui unit les grands demis-de-mêlée du RCNM aux amoureux de ce club. Issus de la pépinière « orange et noire », ils s’inscrivent en symbole. Les fidèles du Parc des Sports et de l’Amitié, s’incarnant en eux, pardonnent les rares impairs de ces êtres de lumière. Montés aux cieux comme peu d’autres joueurs, ils récoltent les fruits de leur perfectionnisme maladif. Adulés leur carrière durant, ils servent également d’exemples aux générations futures.
« Pas de grande équipe sans grande charnière ». Cette maxime populaire résume le rôle prépondérant du couple « demi-de-mêlée – demi d’ouverture » sur le résultat d’une rencontre. L’ouvreur doit se doter d’une confiance aveugle en son compère de la charnière. Ce dernier, par l’intermédiaire de ses passes, le séduit, l’oblige à l’aimer.
Une charnière qui, lors du match de samedi soir, brilla de mille feux. Complices comme jamais, Christopher Ruiz et Brice Chevchenko éblouirent de leur talent une rencontre âpre ou maladresses et imprécisions réduisirent souvent à néant des intentions louables. Le premier nommé, métronome s’il en est, compila 19 points et offrit sur un plateau doré le second essai à Jeandre Mynhardt suite à une percée en plein cœur de la défense aurillacoise. Quant au second, son essai de « filou » fit chavirer de bonheur un Egassiairal, plus supporteur que spectateur. L’adoubement reçu lors de leurs sorties, témoigne si besoin en est, de l’amour que porte la « communauté narbonnaise » à ses « Dieux du stade ». Un duo qui conduisit au succès final (29-12).
Don de soi, intelligence, sens du sacrifice et du placement, esprit d’initiative, vision du jeu … nul autre poste ne requiert autant de qualités individuelles. « Neuvième avant » ou « Premier arrière », puissant ou véloce, robuste ou funambule, le demi-de-mêlée, se définit avant tout comme un meneur d’hommes, un leader charismatique . Capitaine courage souvent, il partage une idylle unique avec ses « gros ». Les affres de la mémoire, si puissantes soient-elles, déposent les armes face à cette relation mystique qui assemble « Les Bras » et « Le Cerveau ».
Alors lorsqu’à la 55ème minute du match RCNM-Stade Aurillacois, Brice Chevchenko, propulsé par ses avants dans l’en-but, suite à une mêlée dévastatrice, changeait le cours de la rencontre, l’image paraissait trop forte pour ne pas songer à cet amour inconditionnel. Le « Racing » s’envolait irrémédiablement au score (22-12).
Une réalisation conclue sous les yeux de deux illustres anciens, Sébastien Buada, tout nouvel entraîneur des lignes arrières et … Gérard Sutra, revenu, d’un « exil » long de plusieurs années, soutenir la formation de son cœur. Le regard embué de nostalgie et d’admiration devant les performances de haut vol du demi-de-mêlée audois, il ne tarira pas d’éloges quelques instants plus tard, au sujet de son dauphin. « Sucette », resté dans les mémoires du quidam narbonnais, comme l’entraîneur des champions de France 1979, incarne à merveille l’esprit de Jean Gastaldi : « La filiation, c’est une notion de sentiments plus que de gênes ».
J.M
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